Discours du Maire pour la remise du trophée de la ville la plus sportive 2009
Ces nobles valeurs, ont ainsi été transmises, mieux encore, inculquées à tous les enfants du pays, jusqu’à devenir une seconde nature. Le petit Romeufontain naissait sportif. A peine savait-il marcher, qu’une paire de skis lui était proposée. Pas étonnant de le retrouver quelques années plus tard sur toutes les pentes des Pyrénées à disputer descentes et slaloms.
Sur ces hautes terres retirées du monde, pour ne pas dire loin de la civilisation, la jeunesse de Font-Romeu n’a ainsi cessé de se prendre au jeu du sport. Vous imaginez la fierté des adultes devenus des bénévoles de choix. Ils ont même créé l’Union sportive de Font-Romeu. Un club omnisport au sein duquel se retrouvait toute une communauté selon les exigences saisonnières. Combien de tennismen en été sont devenus skieurs en hiver, de rugbymen hockeyeurs, de footballeurs fondeurs, de volleyeuses patineuses… ?? Combien de titres nationaux et internationaux ont été glanés sous les maillots verts et blancs de l’USFR ? Vert comme la montagne en été, blanc comme la neige qui la recouvre en hiver. Combien de podiums, combien de performances, combien d’exploits illustrent aujourd’hui le palmarès de notre ville ? Des centaines sans aucun doute !
Mais je n’oublie pas ces nuées d’enfants qui eux, n’ont jamais rien gagné, si ce n’est le bonheur de partager d’intenses moments dédiés au Sport. A l’école, c’est avec un malin plaisir que nous désertions la classe pour partir glisser sur la neige, pour se chamailler autour d’une mêlée, pour imiter Anquetil et Poulidor dans l’ascension du col du Calvaire…
A vrai dire, la ville s’est toujours associé à cette culture sportive. Très vite les municipalités successives ont perçu que le retour sur les investissements touristiques devait bénéficier en priorité à sa jeunesse. Et de consacrer des parts prépondérantes de ses budgets communaux à cette dynamique. L’occasion était également belle pour lustrer la notoriété d’une station par delà son envolée sportive. Ce fut en tous les cas l’un de ses plus sérieux arguments quand elle devint lauréate du « Grand prix de l’art de vivre ».
Font-Romeu c’est aussi un climat d’exception, propice comme nul autre dans le traitement des maladies respiratoires. Et voilà comment, des asthmatiques interdits d’efforts physiques sont devenus ici les plus sérieux pratiquants du sport en recouvrant santé et force. Sont devenus également des Romeufontains permanents, créant familles et commerces.
Et puis au début des années 60, l’incroyable se produisit. Mexico venait d’être promue à l’organisation des Jeux Olympiques. Avec son altitude identique, Font-Romeu était choisie pour préparer cette importante échéance. Indicible honneur. En quelques 2 années, émergèrent alors des stades, des piscines, des gymnases, des salles de combats, des pistes d’athlétisme, une patinoire, un centre équestre… N’en jetez plus.
Vous imaginez la formidable opportunité de Font-Romeu devenue Cité préolympique, mondialement connue avec ce Centre National d’Entraînement en Altitude. Les plus grandes stars étaient là, côtoyaient en toute simplicité la population. Néanmoins, faut-il rappeler que cette manne fit en outre appel aux deniers municipaux. Pendant 30 ans, Font-Romeu et ses 1800 habitants d’alors partagèrent le financement de cet outil exclusivement réservé au sport. Montant de sa participation : près de 8 millions de francs, soit 1,2M d’euros. L’endettement était réévalué de 350 euros par habitant. Cette implication eut d’heureuses retombées sur la vocation sportive de Font-Romeu jusqu’à multiplier la pratique de nouvelles disciplines. D’autant qu’un lycée mêlant scolarité et sport occupait désormais les lieux. Une aubaine pour les élèves de Font-Romeu, choyés comme jamais dans cet univers idéal, si propice au développement du corps et de l’esprit. D’autres, venus de toute la France, seront les premiers à tester les bienfaits du « sport-études ». Ils sont dans l’antichambre des sélections nationales. Un Pôle France, 6 Pôles espoirs et 12 sections sportives rassemblent les plus prometteurs des jeunes athlètes.
Dans la foulée sont ainsi créés : un club d’équitation, une équipe de hockey sur glace, un autre de patinage artistique, un club de natation, une section de pentathlon moderne, un club de lutte, une équipe de volley-ball… Là encore, une part prépondérante est soumise à la formation des plus jeunes. Cet aspect ne laisse pas insensibles les habitants des proches communes qui se mêlent très vite au phénomène…. Sans bourse délier !!! Qu’importe ce surplus de licenciés, Font-Romeu continue d’octroyer à « son » sport : temps, installations, argent. Tel un remerciement, la ville se voit confier l’accueil du Tour de France à plusieurs reprises.
Mais ce n’est pas fini. Dans les années 80, elle se lance dans la construction d’un complexe sportif qu’elle baptisera « Colette Besson » et de s’endetter à hauteur de 662 000 euros (4,34M de frs). La regrettée championne olympiques du 400 mètres à Mexico sera même présente lors de cette nomination. L’histoire d’amour entre elle et Font-Romeu est ainsi scellée.
L’effet sur le développement du sport dans la cité est immédiat. Un club de judo, un club de musculation, un club de badminton, un club de GRS, un club de squash, un club de tennis, un club de GV, un club de step… résident sous ce nouveau toit municipal. Les emplois sont bien sûr pris en charge par la commune. Toujours dans ces mêmes années 80, l’équipe de France de football devient une habituée de Font-Romeu. Les séjours des Bleus de Platini se succèdent avec réussite. Ils atteindront les ½ finales de la coupe du monde en Espagne puis deviendront champions d’Europe ! Font-Romeu et le foot, c’est encore une histoire d’amour. L’OM, l’AS Monaco, l’AJ Auxerre, le Dynamo de Kiev, l’équipe de Belgique… sont en outre venus à plusieurs reprises. Le rugby aime de même venir s’oxygéner au grand air de Font-Romeu. Le XV de France est ainsi un habitué des préparations de Coupe du Monde.
Et pendant ce temps-là, les grands événements sportifs cohabitent. Course de cote automobile, concours hippique, meeting d’athlétisme, tournois de tennis, grand prix du golf, courses de ski alpin, Transpyrénéenne de ski de fond, championnat de France de pêche sportive, Coupe de France de VTT , Jeux mondiaux des journalistes… De quoi encourager les enfants à s’inscrire dans les différentes pépinières sportives. Nombre de disciplines ont en effet leur propre école. Tennis, judo, golf, hockey, rugby, natation, ski, vélo, football, freestyle, équitation… La vague met en exergue un bénévolat disponible à tout va. Font-Romeu surfe sur tous les fronts
Dans les années 2000, cette multiplication d’équipements explique l’installation d’une antenne de l’Université de Perpignan à Font-Romeu. Plus de 300 étudiants en STAPS y retrouvent un environnement en parfaite adéquation à leurs formations, dont une consacrée aux « Activités physiques Adaptées ». Les installations sportives sont rassemblées à proximité de leur campus, une situation unique et combien appréciée. Elle ne nécessite nul déplacement, aucun moyen de transport.
Aujourd’hui, l’esprit d’équipe hérité de ce proche passé redouble d’enthousiasme. Un Office municipal des sports a ainsi succédé à l’emblématique USFR. Une trentaine d’associations sportives accueille quelques 2500 licenciés dans les disciplines les plus diverses. Chez nous, petit village de 2000 habitants, les portes d’une multitude d’activités sont ouvertes à tous, du débutant au champion. Cette année encore, le palmarès est éloquent. 14 titres nationaux ont été glanés par les Romeufontains. Martin Fourcade est devenu champion du monde de biathlon d’été. De nouveaux équipements sont programmés. Notre concours financier ne faiblit pas non plus. Plus 10% de notre budget est alloué à cette noble cause. Elle est notre fierté.
Pour nous, c’est une obsession. L’œuvre de nos aînés se doit sans cesse d’être prolonger. Continuer toujours et encore à persévérer dans cette politique sportive oriente notre engagement quotidien. En privilégiant cette culture, nous savons que le plaisir de vivre ici peut atteindre des sommets. C’est en tous les cas ainsi que nous concevons cet avenir. Et décrocher ce challenge est le plus bel hommage que nous pourrons rendre à tous ces pionniers qui nous ont légué l’amour de cette terre catalane à travers le sport. Et quel encouragement pour ceux qui nous succéderont !


