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Allocution lors des obsèques d'Aimé Sarran

deuilCette fois, le cœur d’Aimé n’aura pas résisté. Il a cessé de battre, subitement sans crier gare, laissant dans le désarroi et la tristesse sa si proche famille. Et pourtant, nous le savons tous ici, Aimé avait un cœur gros comme ça ! Le cœur d’Aimé le bien nommé, débordant d’amour, d’amitié et d’affection, vibrait à chacune de nos rencontres, à chacune de nos connivences, à chacune de nos joies partagées.
 
Aimé Sarran était né en 1932 à Castelnaudary. Dès son CAP d’électricien obtenu, le voilà engagé dans l’Aude. Oui mais l’homme souffre d’asthme profond jusqu’à mettre en péril sa santé et même sa vie. Le corps médical lui prescrit un exode urgent. Une seule destination s’offre à lui : Font-Romeu. Il a 21 ans et débarque dans cette montagne inconnue où l’attend son prochain employeur, un certain Marcel Puig, patron d’une entreprise réputée d’électricité à son nom. Il est accueilli à bras ouverts. Une chambre à l’hôtel du Coq Hardi sera sa première résidence dans cet Odeillo qu’il va chérir sans relâche.
Micheline, postière à Font-Romeu, est sous le charme. Aimé l’épousera l’année 1958. Elle lui offrira trois beaux enfants, Michel, Annie et Christian. Elle lui offrira également l’opportunité de s’installer à son compte. En 1959 est ainsi créée «l’Entreprise Aimé Sarran ». La compétence de l’artisan tout comme sa gentillesse et son empathie expliquent la réussite progressive de la Maison. Des chantiers importants comme celui des Grands Horizons à Superbolquère fondent sa réputation. Aimé Sarran en éternel travailleur, renforce ses équipes, dont l’arrivée de Micheline, désormais aux commandes administratives.
 
Dans les années 70, attachés à leur village d’Odeillo, Micheline et Aimé ouvrent un magasin d’électro-ménager. D’aucuns d’entre vous perçoivent alors ce passé si dynamique. Le commerce odeillanais est à son apogée. Une bonne quinzaine d’échoppes se succède en son artère principale. Pour autant, Aimé continue de développer l’activité d’une entreprise prospère sous l’égide d’un immobilier romeufontain en plein essor.
Cette dilection pour Odeillo, l’entraînera vers le conseil municipal. Il sera élu aux côtés de François Caudine, maire de l’époque. Le mandat sera riche de péripéties et combien de projets aboutis.
 
Aimé ne souffrait plus de son handicap respiratoire, l’air cerdan l’avait sauvé. Oui mais ses faiblesses cardiaques demeuraient. Il s’en accoutumait comme il s’était accoutumé à sa vie de retraité avec Micheline au Barcarès. Si ces escapades en pêcheur de lacs de montagne étaient devenues proscrites, il se plaisait à devenir pétanqueur l’espace de parties plus conviviales que décisives. Et dans ces nombreuses démonstrations d’amitiés, il se retrouvait souvent avec son complice Claude Caillot, parti lui aussi bien trop tôt, il y a déjà 2 ans.
 
Et puis samedi dernier, vers 21 heures, ce cœur, si généreux, tendre et affable s’est éteint. Il s’est éteint mais pas son esprit. Lui il n’a pas fini de côtoyer nos souvenirs. D’ailleurs nous l’entendons tous en cet instant. La voix, le rire, le regard d’Aimé nous guettent ; il n’est pas prêt de nous quitter et c’est heureux !       
 
Jean Louis Démelin. Odeillo le 5 décembre 2019